Absent du village pour des raisons de santé, les candidats attendent tous d’être adoubés. Une élection libre et transparente à Bana, du vivant du patriarche Kadji Defosso, estelle possible ? Les membres de
la commission communale assurent qu’ils travaillent depuis deux semaines sans pression.

Affaibli par l’âge et la maladie, le président sortant, l’ancien ambassadeur Jean Marie Happi Tchankou est apparu en grande forme au retour d’un contrôle médical outre-Atlantique. Pour être reconduit, il devra cependant mettre hors circuit Lévis Ngueukap, l’ancien président de la section départementale de l’Ojrdpc dans les années 90.

Emprisonné pour complicité de destruction des biens lors des émeutes de 2008 puis élargi par la cour d’appel, il pense que son heure est venue. Sans le soutien autrefois acquis de Madeleine Tong Tong, décédée et d’Alphonse Siyam Siwe, victime de l’opération Epervier, il doit affronter les barons de son village qui minimisent son poids économique et intellectuel.

L’homme providentiel sera peut-être Jean Pierre Kakmani, l’actuel deuxième adjoint et homme de confiance à la mairie de Bana, où trône Joseph Kadji Defosso. Sa candidature n’est pas publique mais des indices
prouvent que cet ancien proviseur de lycée ne va pas cracher dans la soupe. Membre de la commission communale de renouvellement des organes de base, il a demandé et obtenu sa démission de Jean Nkueté, le
secrétaire général du comité central. Devant le silence du faiseur local de roi, il est le favori des pronostics, par sa connaissance du terrain.

Abraham Djiagoua, ancien deuxième adjoint au maire ayant transité par la prison suite à ses démêlés avec l’ancien ministre Jean Bernard Sindeu devra jouer les troublefêtes. Il joue l’équation du « village
lésé ». Originaire de Batcha, sa candidature représente une volonté d’émancipation pour ce groupement, dont est également originaire Seme Noungon, célèbre homme d’affaires disparu des écrans depuis les tripatouillages qu’il a dénoncés lors des investitures pour la députation de 2013.

Chez les femmes et les jeunes, on s’achemine vers le statu quo. Alice Sedio et son homologue pourraient être facilement reconduits à leurs postes.
Franklin Kamtche page 2 – le jour n°2054 du jeudi 05 novembre 2015