Les joutes électorales et le débat sur l’homosexualité au centre du synode général. C’est dans la tension, que se sont déroulées les travaux du synode général de l’église évangélique du Cameroun le 29 juillet 2015.

Il a fallu résoudre la crise de la fin de mandat de son président général, le pasteur Isaac Batomen Henga. Limité à deux mandats avec la loi non écrite de transmission du pouvoir entre les Sawa, les Bamiléké et les Bamoun, le clan Sawa, estimait que le mandat du président Batomen est expiré, et qu’il doit passer le témoin. Ce dernier, a estimé qu’au départ, il assumait l’intérim de son prédécesseur le défunt pasteur Fochivé, avant d’entamer son règne. Son mandat doit pour cela, expiré en 2016. Il a fallu une séance extraordinaire d’une journée pour le trancher,et tempérer le litige sourdement ouvert entre le premier vice-président le pasteur Richard Priso Moungole et le secrétaire général le docteur pasteur Jean Samuel Hendje Toya, engagés dans une campagne électorale qui divise l’église. Il faudra patienter, et attendre la période électorale.

Le second débat, était axé sur l’homosexualité. Les pasteurs Luc Talom et Fondja qui sont respectivement en Belgique et en France, ont été invités à réagir sur la procédure mise en oeuvre pour adopter la célébration des mariages homosexuels dans les églises soeurs de ces pays. S’en est suivi un débat, sur la pression que mènent les lobbys occidentaux pour que l’église évangélique adopte la célébration des
mariages homosexuels.

«Une culture ne peut pas contraindre une autre culture à adopter ses obligations tel que l’homosexualité », lance le pasteur Jean Samuel Hendje Toya, répliquant au pasteur Fondja qui a dit de laisser venir l’homosexualité et d’adopter une position forte en disant que, «ce n’est pas parce que c’est permis par la loi, que c’est permis par Dieu ». L’ancien d’église Jean Us Tchinda, dans l’évocation du bilan financier rappelle que l’Eec fonctionne avec 90% de son budget, collecté sur fonds propres. Ils peuvent se passer des dons des églises occidentales, qui veulent imposer l’homosexualité au Cameroun, dira
le secrétaire général de l’Eec. Pour le président Isaac Batomen, les soubresauts qui minent l’Eec à chaque fin de mandat, sont désormais résolues, et on peut solidifier la foi, et aider la Cameroun par les prières et les actions, à venir à bout de l’ennemi Boko Haram.

Ecrit par Honoré Feukouo, page 4, quotidien Le Jour n°1984 du jeudi 30 juillet 2015